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 Tire la chevillette

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May Ellingson

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MessageSujet: Tire la chevillette   19.12.13 20:49

Jamais je n’avais autant détesté un bocal de réglisse rouge. Je fixais l’affront que constituait le stock de friandises d’un œil mauvais entre deux regards mornes sur mon écran. Les chiffres s’alignaient, les abréviations à la brutalité vulgaire s’enchainaient… Nouveau coup d’œil assassin aux bâtonnets. Maman ne pouvait pas l’avoir fait exprès !
C’était une de mes excuses préférées pour échapper à mon bocal… enfin mon bureau. Me dégourdir un peu, m’étirer et partir en quête de ma dose de sucre. Personne ne pouvait être dupe : ce n’était pas comme si je risquais d’en trouver aux écuries, dans les granges, dans la remise ou la sellerie… Mais oui, j’osais quand même quitter mon poste au nom d’un impérieux manque en réglisse rouge.
La part la plus mesquine de mon être soupçonnait à moitié ma mère de m’avoir offert ce pot de bonbons pour me priver de cet alibi. Naaaaan… Maman n’était pas aussi cruelle ! Elle voulait juste me faire plaisir ! C’est ma maman chérie et elle m’aime au point de me fournir ma dose !
J’attrapai le bocal et le serrai contre moi avec amour. Il n’aurait pas fallu qu’il m’en veuille de mes mauvaises pensées ! Je ne voulais pas que mes bâtonnets chéris pensent que je ne les aimais pas à leur juste valeur ! Mes petits amours !
Le bocal à la main je faisais les cent pas en dégustant une friandise. Quelle raison pourrais-je bien trouver pour faire un tour ? Il n’y avait rien à inventorier que je n’aie déjà compté trois fois… Assez de papier et de crayons pour redessiner les plans de toute la propriété à l’échelle un unième… L’eau courante et assez de réglisse rouge pour tenir pendant trois jours…
Alors que je passais pour la septième fois devant le mini ghetto blaster qui rythmait les plus insupportables de mes séances de travail, je décidai de laisser mon sauveur personnel s’exprimer.

- … n’étonnera personne ! Tout le monde se souvient de la façon dont elle était habillée pour aller dîner chez…

La voix rocailleuse du vieux Roby m’arracha une grimace. Chaque fois que je l’entendais, je ne pouvais contenir une pointe de culpabilité. Ca et le fait que ses ragots me tapais sur les nerfs me motivèrent à changer la fréquence au hasard. Alignement planétaire ou message cosmique, j’arrivais juste à temps pour entendre le tintement reconnaissable, le barrissement des cuivres. Rien ne valait les Supremes.
Ok, je n’irais pas dire que j’assume totalement la façon dont je trépignais en chantant à tue-tête à travers la grande pièce, un bâton de réglisse en guise de micro. J’avais un excédent d’énergie et pas de faux prétexte pour aller le dépenser à l’extérieur. Enfin ! Qui avait besoin de faux prétexte ou même d’extérieur quand il avait les Supremes pour lui répéter qu’on ne presse pas l’amour et qu’il faut juste attendre !
Certainement pas moi. Et je chantais ces mots avec plus d’enthousiasme que n’en mettraient jamais toutes les Diana Ross du monde. C’était ma chanson ! Je ressentais une reconnaissance émue à l’égard du cosmos de cette petite attention qui semblait vouloir me dire « Accroche toi May-chou ! Tu l’auras ton prince charmant ! Il va venir il suffit juste d’attendre un tout petit peu et tu le trouveras devant toi sans même savoir quand il est arrivé ! »
Et en l’attendant, rien ne m’empêchait de sauter comme une folle en chaussettes sur le canapé de la partie « détente » du bureau… en fait deux canapés défoncés et une table basse de bois brut.
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Gabriel M. Ackerley

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MessageSujet: Re: Tire la chevillette   22.12.13 18:40

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Il existe les regards mauvais, noirs. Ceux qui glacent le sang, qui effraient, qui se font faire pipi dessus. Et puis, il y a le regard que je lançais à cet imbécile de cheval. Déjà que je n'étais pas particulièrement fan de ces bêtes, là c'était le pompon. C'était un espèce de combat de regards. Je venais de nettoyer le box du canasson, et maintenant que j'étais censé le panser et lui curer les sabots, je me retrouvais face à un dilemme. Il ne m'inspirait absolument pas confiance. Déjà deux jours avant, j'avais failli me retrouver avec un coup de sabot tatoué dans la cuisse en voulant l'emmener jusqu'au pré. Si je ne me trompais pas, c'était le cheval de la patronne. Genre, son petit préféré, son chouchou, la prunelle de ses yeux. Il était tellement parfait avec elle que je me trouvais déjà ridicule à pouvoir me plaindre de lui. On ne se plaint pas d'un animal. Un enfant, d'accord. Un cheval, non. J'allais le dompter, voilà. Je lui montrais les brosses, puis me faufilais doucement, sans geste brusque, sur le côté du box. Je ne bougeais plus, analysait la situation. Tout allait bien. Pas rassuré pour autant, je tendis le bras pour commencer à brosser sa croupe. J'eus à peine le temps de le voir venir que ce gros débile se décala brusquement pour m'écraser contre le mur du box. Je me cognais au passage, ce qui me fit cracher des injures. Heureusement qu'il n'y avait personne pour voir ça... Je devais être le seul palefrenier présent au ranch aujourd'hui. Mais définitivement, j'allais pas y arriver avec ce rustre de cheval. Laborieusement, je le repoussais et dégageais vite du box pour éviter de me faire mordre ou écraser encore une fois. Ça ne se passerait pas comme ça. Je l'attrapais par le licol pour le sortir de son box et venir l'attacher dans un coin un peu plus dégagé de l'écurie pour avoir plus de place. « J'vais chercher des renforts sale bête. » Comme s'il allait me répondre.

La tête basse, je fis le tour des écuries pour trouver quelqu'un capable de me venir en aide. Je croisais bien Roby, mais plutôt me faire piétiner par une bande de chevaux enragés plutôt que de lui demander quoique ce soit. Mes yeux tournaient de partout pour essayer de discerner une présence vivante autre que les cheveux ou Baltik, un de mes chiens, qui me suivait de près. Et puis soudain, ô joie ! En voyant mon malamute passer la tête dans le bureau, j'eus enfin l'espoir de croiser quelqu'un. Discrètement, je fis comme mon animal. Mon sourire ne s'élargit qu'un peu plus, béat et rêveur. May semblait s'amuser toute seule. Si j'avais pu entendre je l'aurais affirmé, mais j'étais persuadé qu'elle était en train de chanter. Chanter... ce que je ne savais pas faire, et ne saurait sûrement jamais. Je ne savais même pas ce qu'était la musique. Je passais plusieurs longues secondes à m'attendrir devant May avant d'oser toquer à la porte. Son regard qui croisa le mien fit rater un battement à mon cœur. Bordel, dire qu'elle me considérait comme son meilleur ami gay... « Désolé de te déranger, mais j'ai un problème avec un des cana... des chevaux. » Honte, niveau 1. « J'arrive pas à l'approcher pour le panser ou m'occuper de ses sabots, j'ai pas envie de finir à l'hôpital... » Honte, niveau 999. Je devais avoir une allure cramoisie.
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May Ellingson

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MessageSujet: Re: Tire la chevillette   07.01.14 2:41

Croiser le regard de Gabe était toujours une expérience étrange. Pendant une seconde ou deux, je sentais dans mon estomac un petit chatouillis importun et mes lèvres me démangeaient. J’avais envie de sourire comme une idiote et, malheureusement, je ne parvenais que rarement à m’en empêcher. C’était tellement bon de le voir, de savoir qu’il était à moi ! Enfin… en tout bien tout honneur, bien sûr. Mon meilleur ami. Mon « meilleur ami de mon frère ». Doublement mien, en somme. Triplement même, si l’on considérait qu’il était également son petit ami. Mais une partie de moi peinait encore à s’en convaincre. Après tout, je ne les voyais pas souvent se tripoter, et je ne les avais surpris qu’une fois en position compromettante. Peut-être qu’ils n’étaient que sex-friends ?
Oh, oui. Parce que ce serait tellement mieux ! Eh bien… au moins il ne serait pas question d’amour fou. Qu’est-ce que ça changerait de toute façon ? C’est vrai, ça ! Qu’est-ce que ça changerait ?
Quand moi et moi-même commençons à être d’accord, ce n’est jamais bon signe : soit je m’apprête à faire une découverte cataclysmique, soit je viens de sombrer dans des abîmes de mauvaise foi. Mais bon… puisque je ne peux pas savoir si nous avons raison ou si nous nous voilons la face, c’est plutôt rassurant. Il suffit d’ignorer ma voix intérieure et cette pimbêche qui lui répond.
Non, je ne suis pas schizophrène. J’ai totalement conscience de parler toute seule dans ma tête. Mais ça vaut tout de même mieux que de le faire à haute voix, non ? Et si ça me permet d’y voir plus clair…
L’efficacité n’est pas toujours au rendez-vous, bien sûr. Sinon je n’aurais jamais à m’excuser, jamais de culpabilité, jamais de mauvaises notes, jamais d’erreur de calculs… Mais le procédé avait le mérite de m’éviter une ou deux bourdes de plus.
Ma curiosité devait s’afficher de façon bienveillante sur mon visage. J’étais toujours étonnée qu’on vienne faire appel à moi, mais ma reconnaissance était infinie pour quiconque viendrait m’arracher à la monotonie des tableurs. J’éteignis prestement le lecteur pour écouter Gabe. Sa gêne évidente me fit presque autant sourire que sa voix toujours si douce. Peut-être à cause de sa surdité, mais sa voix avait cette inflexion particulière, comme si, ne pouvant surveiller le volume de sa parole, il mesurait son ton de mémoire, de peur de crier. Dans ces conditions, chaque mot était précieux, et je me considérais comme une privilégiée.
Sans la moindre délicatesse, je me laissais tomber sur les fesses, faisant grincer les ressorts déjà esquintés du vieux canapé. Ce n’était pas comme si Gabe allait en grimacer, il ne put que me voir rebondir un instant sur les coussins. De toute façon, Gaby ne me reprocherait sûrement pas ça ! Il savait tellement de chose à mon sujet, s’il avait dû commencer à me critiquer, ma manie de sauter sur les canapés ne serait sûrement pas en tête de la liste !

- L’amour de ma vie qui vient me rendre visite ! m’exclamai-je, veillant à laisser mes lèvres visibles, tandis que j’attrapais une de mes chaussures.

Je n’eus qu’à siffler brièvement pour voir accourir le malamute si bien dressé. Je sais que je lui donnais de bien mauvaises habitudes en le laissant grimper sur le canapé pour venir lécher mon visage et mes lèvres sucrées par la réglisse, mais j’adorais les chatouilles de sa langue toute chaude et son affectuosité exubérante ! M’étant essuyé le visage d’une main je grattouillais bientôt frénétiquement l’épaisse fourrure qui sentait bon l’extérieur, la neige et une pointe de foin. J’adorais ce chien presque autant que son maître. Presque.

- Et toi aussi, Gaby, bien sûr, ajoutai-je comme pour pallier à un oubli.

Mais j’étais résignée maintenant : je ne serai jamais une bonne comédienne. Et tandis que j’affectais l’innocence, je sentais mes zygomatiques trembler avant de céder à un sourire. C’était juste plus fort que moi : je voulais toujours le taquiner, le titiller. Et j’étais tout de même bien plus innocente que ne le serait jamais Chad !
Fin de la plaisanterie. Je fis descendre Baltik qui s’empressa de rejoindre Gabriel sur le seuil et me dépêchais autant que faire se pouvait de mettre mes chaussures. Le problème c’est que chez nous, et à cette époque de l’année, il vaut mieux se couvrir. Je remontai mon pantalon jusqu’à mes genoux avant de pouvoir enfiler mes chaussures montantes.  Même alors que je portais un pull, je dus rajouter une veste et un épais snood avant de seulement envisager d’attraper mon manteau.
Je sais… Pour la maigre distance qui nous séparait de l’écurie, j’aurais pu m’abstenir de la jouer « expédition polaire ». Mais Maman m’aurait tuée si elle m’avait vue me balader en simple pull par ce temps. Je lui devais au moins ça… Rapport au stock de réglisse, tout ça !
Arrivée au niveau de Gabriel, je ne pus me retenir de l’agripper par le col pour le tirer vers moi. Sa joue était encore fraîche sous mes lèvres.

- Tu es trop mignon quand tu rougis, expliquai-je en le lâchant.

C’était vrai et c’est sans doute pour cela que je sautais sur l’occasion chaque fois qu’elle se présentait. D’accord, j’admets que c’était plus facile de le toucher et de le tripoter maintenant que je savais qu’il était gay. J’en abusais peut-être un peu. Un tout petit peu.
Avant de commencer à m’appesantir sur cette question, je tirais la porte et sautait sur le chemin à deux pieds. Sur les premiers mètres, je veillai à marcher à reculons pour faire face à Gabriel.

- Allez ! Allons voir ce grand méchant monstre qui t’a mis en déroute !

Je n’étais pas censée le remercier de venir me sauver. Lui faire croire que c’était moi qui lui faisais une faveur était bien plus acceptable pour aussi peu réaliste que ce puisse être.
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Gabriel M. Ackerley

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MessageSujet: Re: Tire la chevillette   19.01.14 13:32

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Elle était trop mignonne. C'est la pensée qui me traversa l'esprit pendant que je l'observais s'amuser toute seule. En plus de ressembler à une poupée, elle avait cette once enfantine et innocente qu'elle n'avait jamais perdu. Je la connaissais depuis des années, mais je continuais de la voir comme la petite fille qui s'intimidait vite devant les copains de son grand frère. Le plus difficile en grandissant, ça avait été de la voir devenir une magnifique jeune femme. J'avais été la victime de mes propres sentiments et maintenant, à cause d'une bêtise, j'étais totalement coincé. Nous n'avions jamais été aussi proches. Il avait suffit qu'elle pense que j'étais gay pour se rapprocher de moi sans craindre quoique ce soit et se mettre à me parler de tout et de n'importe quoi. Si je lui avouais un jour la vérité, je craignais qu'elle m'en veuille et que tout change entre nous. Peut-être qu'elle perdrait absolument toute la confiance que j'avais pour elle, et il n'y aurait plus rien à sauver. Surtout que très franchement, coucher avec le frère et ensuite vouloir avoir la petite sœur... Il n'y avait pas à dire, toutes mes relations amoureuses avaient ce don si particulier de virer au désastre. Ma surdité me donnait une raison de ne jamais la quitter des yeux, heureusement. Des tas de fois, on m'avait demandé pourquoi je n'utilisais pas d'appareil auditif. La raison, c'est que premièrement je n'avais pas d'argent à mettre dedans, deuxièmement je ne connaissais aucun médecin capable de s'en occuper à Barrow. Mes yeux me suffisaient.
J'esquissais un sourire amusé et gêné à la fois. L'amour de sa vie ? Je voulais bien moi... « Ma princesse me manquait ! » J'allais m'avancer, mais je vis ses yeux se baisser sur Baltik qui fut aussitôt invité à rallier le canapé. Quelle désillusion. Je tentais néanmoins de ne pas laisser voir ma déception, préférant m'attendrir devant la scène de May qui caressait le chien en riant aux éclats. Il l'aimait bien, comme le reste de ma meute. Étant le plus éduqué de tous, c'était souvent le seul à m'accompagner car je n'avais pas besoin de le surveiller. Mais quand la jolie blonde venait chez moi, inévitablement elle finissait dehors à jouer avec les boules de poils infatigable. Elle était toujours la première crevée, alors on finissait au chaud sur le canapé avec un chocolat chaud. Enfin là, il s'agissait de travailler. « Non mais j'ai compris, tu préfères le chien... Je suis vexé. » Je pouvais bien tenter de l'être, son rire m'obligea à sourire. Encore.
Le moment de plaisanterie semblait terminé car elle descendit de ce pauvre canapé défoncé, repoussa gentiment la boule de poils ambulante, et s'équipa comme si elle comptait faire un séjour sur la banquise. Pourtant les écuries étaient couvertes. Mais je ne fis aucunes réflexions, me doutant légèrement du pourquoi d'y comment. Combien de fois j'avais vu sa mère débouler en faisant des réflexions pour x raison. Le courroux de la mère Ellingson n'était pas ce qu'il y avait de plus agréable. Sur cette méditation, je me sentis agrippé, et des lèvres se posèrent sur ma joue, me faisant rougir d'autant plus. Bon sang, je détestais quand elle faisait ça. Enfin, j'adorais, mais je haïssais le fait de devoir rester impassible. C'était trop dur... « Je rougis pas, c'est le froid » marmonnais-je en tentant de paraître convaincant. Non, là ce n'était plus du tout à cause du froid. Juste d'un bisou. On aurait dit un adolescent.
Je la suivis à travers les écuries, et haussais piteusement les épaules. « Te moque pas de moi, cette bestiole m'aime vraiment pas. » Encore quelques pas et nous arrivions au box du méchant canasson, qui eut pour première réaction de me donner un violent coup de tête. Le temps que je le voie venir, je fis quelques pas en arrière en grognant. C'était la première fois qu'on me mettait un coup de boulot volontaire, et c'était de la part d'un cheval... Humiliant. « Tu vois ? Je ne peux pas l'approcher sans qu'il tente quelque chose de mauvais. » Je l'attrapais par le licol pour immobiliser sa tête en évitant soigneusement un éventuel coup de dents. « En plus, je te promets que je ne lui ai rien fait, c'est juste ma tête qui ne lui revient pas je crois.  »
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May Ellingson

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MessageSujet: Re: Tire la chevillette   25.01.14 18:36

Je tins… oulà ! Au moins… deux bonnes minutes quasi entières ! Les écuries étaient balayées par un courant d’air insidieux mais je l’appréciais plus qu’autre chose : il amenait avec lui une odeur de neige qui me ravissait toujours. Aussi, avec une extrême prudence, je jetai un œil à droite, un œil à gauche et, en l’absence de toute manifestation maternelle, commençai à m’effeuiller prestement.

- Si tu ne dis rien, promis-je à Gabe sur le ton d’un gangster de film de mafieux, je ne dirai rien.

Il ne voulait pas plus que je répande qu’il se faisait vicimiser par un cheval que je ne voulais que ma mère entende parler de ma propension à me promener sans me couvrir. Evidemment, je risquais plus que lui. Et accessoirement, répandre une histoire sur le jeune homme m’avait suffi, je surveillais à présent ce qui sortait de ma bouche le concernant. Ca ne voulait pas dire que j’hésiterais à le dénoncer à mon frère si Gabe m’embêtait. Une fille doit faire ce qu’une fille doit faire… Quoiqu’il en soit, si tout le monde était sage, tout le monde serait content.
Une fois débarrassée des couches superflues, je rejoignis mon meilleur ami et sa Némésis. S’il était une chose que j’avais appris en grandissant dans un ranch, c’était qu’il ne fallait jamais avoir peur. La bestiole intimidait déjà Gabe, imaginez ce que j’aurais dû ressentir ! Elle m’écrasait de sa présence, ses muscles roulant sous une robe luisante comme pour mieux me faire remarquer que le machin pourrait m’envoyer valdinguer d’un simple coup d’épaule. Je n’oubliais jamais à quoi j’avais affaire et restais toujours attentive, mais avoir peur ne ferait que stresser les bêtes et m’empêcher d’agir.
Je ne sais pas si Brooks –le cheval-, détestait vraiment Gabe ou s’il préférait juste les filles, mais quand j’approchais pour lui gratter le chanfrein, je crus bien le voir sourire, pour autant qu’un cheval puisse sourire. Il sembla lancer un regard noir à mon ami en tirant sur le licol, l’air de dire « lâche-moi manant, avant que je ne fasse de tes entrailles des extrailles » ou quelque chose de moins poli.

- Personne ne remet en question tes capacités Gaby, le rassurai-je avec un sourire.

Et c’était vrai. Pour aussi étrange que ça puisse paraître, mes parents considéraient un peu Gabriel comme leur deuxième fils. Ce qui aurait fait de lui mon frère… bizarre comme idée. Et vu ce qui se passait avec mon vrai frère... Encore plus tordu. En tout état de cause, il faisait partie de la famille plus que n’importe quel membre du personnel, et maman avait déjà tendance à considérer tous nos employés comme des parents… Des neveux ou des cousins peut-être… Gabriel trainait déjà toujours à la maison quand on était enfant, maintenant, entre mon frère et moi, on ne lui laissait plus beaucoup de répit. Je l’aurais bien plaint si je n’avais autant aimé l’avoir à mes côtés.
Outre l’affection que tout le clan Ellingson lui vouait, jamais, en tant qu’élément administratif du dispositif, je n’avais entendu parler du moindre problème le concernant. C’était stupide, mais j’en ressentais un mélange d’admiration et de fierté quand je le voyais déambuler dans la propriété, l’air occupé et tranquillement sûr de lui. Je me sentais un peu comme une maman qui voit son fils grandir. Sauf bien sûr qu’il était déjà bien grand et que, ça aussi, ç’aurait été tordu. En tout état de cause, je ne pouvais que m’enorgueillir de l’avoir pour ami et chaque fois que j’entendais quelqu’un dire du bien de lui, au ranch comme en dehors, je ne pouvais que me retenir de lever le menton pour asséner un « Eh oui ! Et il est à moi » aussi sentencieux que délirant.

- Vraiment, Brooks, tançai-je faussement l’animal. Tu ne sais pas que tous se battraient pour que Gabe s’occupe d’eux ? Tu vas cracher sur la meilleur manu-pédi de ce côté-ci du Mississippi ?

Je ne sais pas si le canasson comprenait un traître mot de ce que je racontais. Dans le doute je ne rejetterai ni l’une, ni l’autre des réponses possibles. En tout cas, tandis que je le câlinais et le flattais, je le sentis se détendre, semblant oublier Gabe ou une part de son mépris à son égard. Peut-être avait-il seulement besoin de se sentir le centre de l’attention, peut-être ma voix avait-elle une sorte d’effet lénifiant… En tout cas, je suggérais d’un mouvement de tête à mon ami de se hâter de profiter de la distraction… Je ne savais pas combien de temps je trouverais des bêtises à raconter. Pour le moment, je continuais, observant avec curiosité le palefrenier à l’ouvrage.

- Je me dis parfois qu’il se cache à Barrows pour éviter les grandes chaînes de spa de luxe qui le recherchent pour le kidnapper et en faire leur esclave. Ils feraient fortune en tirant profit de ses mains magiques, tu comprends ?

J’avais beau m’adresser au cheval, c’est Gabriel que j’observais, amusée.
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Gabriel M. Ackerley

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MessageSujet: Re: Tire la chevillette   02.02.14 20:03

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may & gabriel
Même si j'essayais de le cacher pour ne pas avoir l'air trop niais, je ne pouvais pas tellement m'empêcher de sourire. C'était toujours cet effet avec May. Y compris quand je ne comprenais pas ce qu'elle me disait, le fait de voir sa bouille si expressive avait quelque chose de franchement attendrissant. Dire que je venais lui demander de l'aide parce que j'avais peur d'un fichu cheval capricieux... Avec le recul, je me dis que j'aurais du me trouver un autre boulot que palefrenier. Surtout si je me faisais martyriser par ces canassons. Mais je m'étais trop attaché aux gens du ranch, principalement à la famille Ellingson. C'était un peu comme ma seconde famille. Sans l'être heureusement. Parce que sinon, ça aurait voulu dure que j'avais couché avec mon frère, et que j'aspirais à faire de même avec ma sœur... Eurk. Non, en fait, nous n'étions pas du tout de la même famille. Vraiment pas. Je fus tout de même soulagé qu'elle ne se moque pas de moi et qu'elle accepte de m'aider. Je ne préférais pas imaginer ce que ça aurait donné si j'avais vraiment du me débrouiller seul. J'aurais fini défiguré par un coup de sabot, piétiné même ! Et si je ne m'étais pas approché de la bestiole, Maman Ellingson m'aurait massacré... ça aurait été autant douloureux que le traitement que m'aurait réservé la bestiole ! En bref, j'étais sauvé !
Même si je me sentais franchement ridicule... Je maudissais ce cheval, encore plus qu'il semblait tout à fait agréable avec la blondinette. C'était pas juste, sachant que c'était moi qui devait m'en occuper. Il me faisait passer pour un idiot. Je lançais un sourire reconnaissant à May quand elle me rassura. Un simple sourire, et ça allait mieux. « Merci Princesse. »
Un rire m'agita en la voyant commencer à raconter des bêtises. Je préférais ne pas trop manifester ma présence auprès du cheval , mais la scène était juste trop drôle. Ce qui l'était moins, c'est que le canasson détendu, ça ne tiendrait probablement pas longtemps. Je hochais la tête et m'accroupis avec mon cure-pied, retenant mon souffle en le faisant lever un sabot vers moi. Je fis extrêmement attention, sachant par expérience que certains endroit étaient particulièrement sensible. Tout se passa bien pour le premier sabot. De même pour le deuxième. J'eus un peu de mal pour le troisième, mais cela se fit assez bien aussi. En revanche, arrivé au sabot arrière droit... Il fallait que ça arrive. Faux mouvement. Un vilain coup de sabot me manqua de près ; je l'esquivais de justesse en me jetant sur le côté du box, me cognant la tête au passage. « Aïe. » couinais-je en tenant mon pauvre crâne... Fallait pas compter sur moi pour y retourner. Je sortais du box immédiatement, pas désireux de risquer pire. Je me passais la main sur la nuque, me sentant ridicule au possible. « Assez d'aventure pour aujourd'hui, je refuse de m'occuper de ce cheval à partir de maintenant, je laisserais faire Roby. » Enfin je disais ça, mais je n'avais pas envie de me prendre un avertissement... Je priais pour que ma prière soit entendue. J'ébouriffais ma tête pour en faire tomber les bouts de paille qui s'y étaient logés. « La bonne nouvelle, c'est que j'ai fait le tour des chevaux maintenant, j'ai plus rien d'important à faire. Tu m'accorderais un peu de ton temps ? » Je lui lançais mon regard de chat potté. IL fallait au moins ça pour la convaincre. Mais vu son activité apparente dans le bureau, elle ne pouvait pas me refuser ça ! Il y avait des personnes présentes dans le ranch pour s'occuper de l'accueil en plus. Sans être fan des chevaux, j'aurais bien voulu une promenade dans le forêt enneigée avec elle. J'aimais réellement partir en escapade dans ces coins reculés de la civilisation. Tant qu'on ne croisait pas d'ours blanc après tout.
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MessageSujet: Re: Tire la chevillette   14.02.14 12:33

Et oui ! J’étais sa princesse ! Moi, j’étais la princesse de mon Gaby à moi ! Enfin, bon… J’étais « une » princesse. Et Gaby n’était pas plus à moi qu’à un autre membre de la famille. Moins qu’à Chad, même si je faisais tout mon possible pour ne pas y penser. Brrr…
Ok, j’avoue encore. J’aurais pu continuer de débiter des âneries comme ça jusqu’à la fin des temps juste pour savoir que Gaby souriait de ce petit air, comme s’il essayait malgré tout de se retenir. J’aimais savoir qu’il n’y arrivait pas. Et j’aimais encore plus savoir que c’était à moi qu’était dû ce sourire.
J’aimerais dire que je ne le matais pas éhontément tandis qu’il se penchait sur les sabots de Brooks, mais ce serait mentir, or j’évite de me mentir à moi-même quand je peux m’en passer. Ce n’était pas vraiment mal, me répétai-je. Je n’avais pas d’arrière-pensée, c’était une admiration purement esthétique, comme observer un beau coucher de soleil ou une magnifique statue…
J’étais tellement concentrée sur le spectacle –et sur mon débitage d’âneries- que je ne compris pas ce qui se passait avant de voir Gabriel se jeter sur le côté, son crâne arrachant un « bam » sonore à la paroi de bois clair. Si je n’avais pas grandi avec les animaux du ranch, je me serais peut-être précipitée auprès de lui au risque d’énerver d’avantage le cheval. Au lieu de ça, je rongeai mon frein et me chargeai de calmer la bête pendant que mon ami s’extrayait de la stalle.

- Vilain, vilain Brooks ! lançai-je sur le ton de la cajolerie. Mais oui ! Tu es un vilain cheval ! Et on va te vendre à l’équarrisseur, hein Brooks !

C’était très frustrant : je ne pouvais pas le gronder pour de bon, ç’aurait été contre-productif, mais j’avais bien le droit d’exprimer mon mécontentement. Je me doutais bien que Gaby allait bien. Je savais de source sure qu’il avait connu pire dans ses aventures avec mon frère. Il n’en restait pas moins que j’aurais voulu aller l’examiner pour m’en assurer pour de bon, constater de mes propres yeux qu’il était en un seul morceau.
Je dus m’y reprendre à trois fois pour fermer pour de bon la stalle tant j’étais pressée d’aller voir Gabriel de plus près. Tout en l'écoutant d'une oreille, je m'approchais pour récupérer un brio de paille oublié avant de glisser mes doigts dans ses cheveux, à la recherche d'une bosse éventuelle.

- Mon pauvre chéri ! m'exclamai-je avec une moue gentiment moqueuse aux lèvres.

Maintenant que j'étais rassurée sur son sort, que j'avais pu constater de mes petits doigts fureteurs qu'il était en un seul morceau, je pouvais bien me permettre de faire la maline ! Je ne poussai pas le vice jusqu'à lui proposer un bisou magique pour guérir son bobo, mais soyons francs : uniquement parce qu'il me devança en me proposant de me débaucher. En tout bien tout honneur bien sûr.
Son regard de peluche eût son importance dans ma décision. Pas que la perspective de retrouver mon ordinateur me séduisît spécialement. J'y aurais même préféré une journée entière à écouter Roby ou à le laisser essayer de m'extorquer je ne sais quelle information, alors autant dire que Gaby était on ne peut plus tentant et par bien des aspects. Mais il est vrai que s'il n'avait pas été aussi convaincant avec ses mimiques, j'aurais peut-être laissé la culpabilité me ramener au bureau avec la puissance d'un élastique qui m’aurait reliée à ma chaise de bureau customisée.
Maman ne me mettait la pression et je veillais toujours à faire mon boulot correctement, sans prendre de retard. Mais je savais aussi qu’au ranch, tout le monde travaillait dur, et j’étais considérée comme une petite veinarde avec mon travail de bureau, ma petite pièce chauffée sur laquelle j’avais imprimée ma marque au fil des ans… Je me sentais mal chaque fois que je levais le nez, comme si je n’étais qu’un tire-au-flanc… Et il y avait le Bocal, maintenant. J’avais beau savoir que Maman n’avait aucune arrière-pensée, j’avais l’impression de devoir le mériter.
Un dernier coup d’œil à Gabriel me fit plisser les yeux. Souvent, quand il me regardait, j’avais l’impression qu’il avait un secret. Il y avait un petit quelque chose au fond de ces yeux si bleus, derrière ces cils bien trop longs pour un garçon, qui me donnait l’impression qu’il savait quelque chose, qu’une part de lui mourrait d’envie de me le dire mais qu’une autre, visiblement plus convaincante, se répétait qu’il ne fallait surtout pas le dire. Quand je surprenais cette lueur, ça me donnais envie de l’attacher à une chaise et de le faire parler. Du diable si je sais pourquoi, quand cette pensée me venait, il était toujours torse nu.
Quoi qu’il en soit, son regard ou la moue qui l’accompagnait eut raison de ma réticence et j’attrapais bien évidemment mes pelures pour m’emmitoufler de nouveau, quoi qu’avec moins de soin.

- C’est bien parce que c’est toi, Ackerley. J’espère que tu réalises l’ampleur du sacrifice et de ce que tu me devras pour ta peine !

J’aurais aimé croire que j’avais l’air tout-à-fait convaincante, mais je venais de débiter une telle ânerie que je ne pouvais même pas faire semblant d’y croire. Ni Gabriel, ni même personne nous connaissant un peu tous les deux n’aurait pu être dupe. J’adorais Gaby, j’adorais me balader, j’adorais me balader avec Gaby. Et pour être tout à fait honnête avec moi-même (je m’y efforçais vraiment !), Gaby aurait pu me demander n’importe quoi.

- Emmène-moi au bout du monde et fais de moi ce que tu veux, lançai-je en prenant son bras entre les miens.
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MessageSujet: Re: Tire la chevillette   20.02.14 20:18

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May ne semblait décidément pas réaliser tout ce que je faisais juste pour la voir... Bien sûr qu'elle n'en avait aucune idée. Je me demandais parfois ce que ça aurait donné si je n'étais pas devenu son meilleur ami par un malheureux malentendu. Peut-être qu'on aurait pu finir ensemble. Enfin, difficilement... Chad m'aurait tué, écartelé, émasculé. Je ne risquais pas de lui faire de mal et j'aurais probablement été un meilleur copain que n'importe quel autre type de Barrow, mais il n'aurait pas aimé quand même. Je n'avais pas prévu de me retrouver catalogué en couple avec lui. C'était juste une expérience, et il avait bien compris que je ne voudrais jamais la reproduire. Maintenant, je ne savais plus comment dire la vérité. Cette histoire traînait tellement que... j'avais peur que la blondinette m'en veuille. De lui avoir menti ? C'était pas bien méchant pourtant, mais à tout me confier, je suppose qu'elle pouvait se sentir trahie. Je m'imaginais mal aussi tout lui expliquer dans les moindres détails. Quel merdier... C'est à ceci que je pensais en l'observant, encore à moitié sonné par la rencontre du mur avec ma tête. Ouais, j'avais vu des étoiles de partout sur le coup ! Rien de bien grave, j'aurai juste une bosse le lendemain. Il fallut que j'attende un peu avant que May réussisse à en terminer avec cette saleté de cheval et vienne à ma rescousse. Quoique attendez, généralement, c'était pas l'inverse ? Enfin. Dans tous les cas, je fis la grimace quand elle se moqua de moi. C'était pas gentil ça, pas du tout. « Mais ça fait mal ! Heureusement que j'ai la tête solide. » Si j'exagérais ? A peine. Je voulais juste voir son sourire rempli de malice et, dommage pour moi, il était contagieux. Je terminais vite par me relever histoire d'avoir l'air crédible en proposant une promenade. Un dilemme pour elle, j'étais bien au courant. Sauf que d'après moi, elle méritait de pouvoir s'échapper une heure ou deux. Elle s'occupait des moindres détails au bureau, tout était au point, et il n'y avait pas foule... Elle avait fait son boulot, j'avais fait le mien, maintenant nous étions libres, voilà. J'en avais décidé ainsi.

Soit la tentation était trop forte, soit mon regard de chat potté avait de réels pouvoirs magiques. J'allais méditer la question. Toujours est-il que je me mis à sourire comme un gosse le jour de Noël quand elle accepta après un moment de réflexion. Je n'attendais que ça. Comme quoi, travailler au ranch malgré mes réticences vis à vis des chevaux, ça avait du bon. Je fis une courbette que j'espérais pas trop ridicule. « Je suis à votre service mademoiselle, vous pouvez exprimer vos moindres désirs ! » Je ne craignais même pas de dire une chose pareille. Il suffisait qu'elle cligne des yeux pour que j'obtempère, même les demandes les plus tordues. Elle pouvait toujours essayer. Elle m'attrapait par le bras et je laissais échapper un rire. « On ira où la vie nous mènera ! » Scène qui aurait été réellement adorable si nous étions ensemble. Raté Gabriel, tu es censé être en couple avec Chad. Je ne me laissais pas miner le moral et me dirigeais vers un coin de l'écurie. « Si ta mère te demande, tu es allée promener des chevaux. Une grosse promenade, c'est toujours mieux que rester dans le paddock. » En disant cela, je flattais gentiment le croupe du cheval devant lequel nous étions, Apache. Un brave quarter-horse bai au caractère plutôt tranquille. Le genre joueur et docile qui ne cherche pas à se rebiffer. Des rares chevaux que j'avais monté, c'était bien le seul en qui j'avais confiance. Tout en l'attachant à la barre, je jetais un regard taquin vers May. « Je veux bien préparer la monture de mademoiselle à la condition que ce ne soit pas ce désagréable Brooks. » Je me laissais aller à poser un bisou bref sur sa joue avant de disparaître dans la sellerie pour aller chercher un tapis de selle, la salle, puis ensuite le filet.

Seller les chevaux fut vite fait. Pas plus de dix minutes après les avoir sortit du box, ils étaient prêts à être emmenés en promenade. Avant de me hisser sur le dos d'Apache, je vins devant May et remontais la fermeture de sa doudoune jusqu'à son nez. « Tu es assez couverte Esquimau ? » C'était ça, la conquête du grand Nord ! Je posais la bombe d'équitation sur sa tête et fis de même avec moi. Maintenant, on allait se promener.
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MessageSujet: Re: Tire la chevillette   27.02.14 20:38

J’étais excitée comme une puce. Je n’en suis pas fière, mais la plus petite perspective de pouvoir me dépenser un peu me donnait envie de sautiller comme une gosse. L’idée de passer du temps avec Gaby me donnait d’autres envies mais c’était hors de propos. Je profitais éhontément du court trajet vers Apache : le travail avait délicieusement musclé le bras de mon ami et, qu’il soit gay ou pas, il n’en était pas moins un délicieux spécimen. Je savais qu’il n’y aurait jamais rien d’ambigu entre nous, c’est pourquoi je m’autorisais autant de libertés avec lui. Je crois… peut-être.
BREF ! Tout ça pour dire que la notion d’espace personnel était devenue quelque chose de très flou entre nous et ça me convenait parfaitement. Moi qui aimais avoir mon petit univers perso auquel personne n’avait le droit de toucher, j’avais découvert que Gabriel n’était pas concerné. Et j’espérais pour lui que c’était réciproque parce je m’étais dans le même temps découvert une forte propension à envahir ce qui avait jadis été son intimité. De toute façon, il n’avait plus grand-chose à me cacher. Enfin si. Mais ça, je pense qu’on ne le montre pas trop même à ses amis les plus proches. Sauf si on couche avec, je présume –se reporter à ce fameux matin dans la chambre de mon frère. Mais ce n’était pas notre cas. Puisqu’il était gay. Et que nous ne nous voyions PAS DU TOUT comme ça. Pas du tout. Ce serait bizarre… Franchement étrange… Après tout, il me voyait un peu comme une sœur où je ne sais pas quoi… Je n’osais même pas penser à tout ce que Chad avait pu lui dire à mon sujet.

- Je vois que tu as pensé à tout ! lançai-je en réponse à l’alibi qu’il me proposait.

Ma mère ne serait jamais dupe, bien sûr. Mais ni Gaby ni moi ne l’espérions : ça faisait partie du jeu et je pense que Maman aurait même été un peu déçue si nous n’avions pas fait preuve de la mauvaise foi la plus complète pour excuser nos escapades. Je savais bien qu’elle n’attendait pas de moi que je reste vissée à mon bureau H24, c’était un problème entre moi et moi. Quoi qu’il en soit nous avons nos petites coutumes. Je faisais mine de faire une grosse bêtise, elle faisait mine de l’accepter avec un air blasé que trahissait son sourire amusé… et mon père faisait mine de se demander à quel moment son petit bébé était devenu une si grande fille, s’inquiétant de ce que le grand méchant monde allait faire de moi et « est-ce que je n’ai pas déjà des cheveux blancs ? » (réponse : non) avant d’ajouter que ça ne saurait tarder et que ce serait de ma faute… Tout cela était bon enfant et je préférais ça à des parents absents qui ne se seraient pas souciés de ce que je faisais, encore moins des détails les plus insignifiants.
J’étais parfois un peu jalouse. Gaby connaissait les Ellingson sur le bout de ses longs doigts si habiles. Pour ma part je n’étais pas si familière que ça de ses proches. Je sais bien que ça ne me regardait pas, que j’étais amie avec lui, pas avec ses parents… Il n’en restait pas moins qu’une part particulièrement mesquine de moi-même, une part que je m’efforçais généralement d’ignorer, lui en voulait presque. J’aurais voulu tout savoir, tout avoir de lui. Il était MON meilleur ami, nom d’un petit bonhomme ! Moi aussi j’aurais dû pouvoir aller voir sa mère et savoir qu’elle avait en réserve une part de mon gâteau préféré et qu’elle me demande quand j’allais me décider à épouser un de ses enfants histoire d’officialiser mon entrée dans la famille et comment elle adorerait avoir une fille supplémentaire…
Je sais. Je ne vais pas bien dans ma tête. Ce n’était pas que j’étais mécontente de ma famille. Le problème c’était Gaby. Enfin non. C’était moi, mais ça concernait Gaby. Le regardant du coin de l’œil, je m’occupais de boucler les harnachements en le laissant sans remords s’occuper des selles. Quand j’étais gosse il m’intimidait. Pas qu’il ait été méchant, bien au contraire. Mais c’était un des amis de Chad, et les amis de Chad, c’était un peu ses jouets préférés : je n’avais pas le droit d’y toucher. Ils étaient grands, vous comprenez ? Je n’étais pas intéressante pour eux et je n’aurais rien compris à leurs jeux. C’est pourquoi en grandissant j’avais tendance à me comporter comme une idiote, incapable de décocher quelque chose d’intelligent. Je ne sais pas pourquoi mais je me retrouvais souvent en train de sortir quelque chose entendu dans un documentaire pour meubler le silence que je trouvais rapidement inconfortable (voire cette annonce mémorable « tu savais que l’axolotl a la spécificité de se reproduire à l’état larvaire ? »).
Inutile que je revienne sur l’incident qui avait tout changé. Il y a des choses dont on ne devrait pas avoir à se souvenir. Ce n’était vraiment pas juste d’ailleurs : j’aurais voulu pouvoir me remémorer le spectacle d’un Gaby matinal, les cheveux décoiffés, sagement endormi sur le ventre, nu comme au premier jour avec seulement un drap sur le bas des reins pour faire travailler mon imagination… sans avoir à affronter encore et encore l’image de mon frère mêlant ses jambes au sienne, une main possessivement plaquée dans son dos et un air satisfait sur sa sale face de fourbe tandis qu’il ouvrait un œil pour me regarder avec un air goguenard. Voilà qui m’avait à coup sûr appris à frapper à sa porte quand je venais les réveiller pour le brunch après que maman eut hurlé depuis dix minutes « LES GARCOOOOONS !!! A TAAAAAAAABLE !!! » sans obtenir de réaction.
Pas plus désireuse que lui de le voir se faire tuer par un équidé pris de misandrie, j’avais ramené de son box mon fidèle compagnon, Bob –Robert Basil Bruce de Nottingham de son nom complet. Chad ayant mené une campagne qui avait failli porter ses fruits pour que dorénavant je ne baptise plus un seul animal, je m’étais au fil des années assagie pour ce qui concernait les noms des bêtes qui voyaient le jour chez nous. Bob restait une de mes fiertés personnelles. Il était d’un naturel, sérieux –pour aussi sérieux que puisse être un cheval. Quand je le voyais, toisant d’un air solennel ses congénères ou le personnel du ranch, je revoyais les banquiers de Mary Poppins, en costume strict, lorgnons sur le nez, et prompt à juger ceux qui s’adonneraient trop au vice qu’était l’imagination. Ah ! Même quand il m’observait de son air hautain, je savais bien qu’il m’aimait ce grigou ! Dans ses yeux trop intelligents, je voyais cette commisération qui me rappelait Grand-mère dans ses jours les plus snobs.
Il aimait bien Gaby, ou du moins, j’en étais persuadée. Peut-être parce qu’il ne l’inondait pas de propos sans queue ni tête – pas qu’il parle moins, mais de façon plus logique-, je ne sais pas.
Le temps que mon ami finisse de préparer les dadas, je le passais à savourer tranquillement ce minuscule bisou de rien du tout. J’aimais bien les bisous de Gaby, ils étaient différents de ceux des membres de ma familles ou de mes copines. Ils étaient plus chauds, plus… « rrrrrou », dirai-je faute d’un meilleur mot. Du genre à me donner envie de me changer un mec une petite heure, juste pour voir comment ce serait de le renverser dans le foin proverbial qui se trouvait trainer opportunément dans les parages.
Son intervention pour s’occuper de moi comme il l’aurait fait d’une de mes poupées quand j’étais gosse m’arrêta avant que mes pensées ne dégénèrent un peu plus et je me laissais emmitoufler avec une petite moue blasée.

- Si tu veux mon avis, nous sommes tous les deux bien trop couverts, beau gosse, répondis-je en battant des cils d’un air faussement séducteur tout en fermant la boucle de la bombe sous mon menton avant d’enchaîner, fataliste. Mais comme dit la chanson « Mother knows best ».

Il ne pouvait pas ne pas savoir de quoi je parlais. Certes, les garçons avaient souvent prétendus ne pas être intéressés par les dernières sorties Disney, mais dans le cas de Gabe, ma théorie était plutôt qu’il n’avait trouvé personne à accompagner pour lui servir d’alibi. Le souci ne se poserait plus dorénavant puisqu’il était maintenant officiellement mon meilleur ami (puisque Chad et lui faisaient la bête à deux dos, je pouvais piquer la place, non ?) mais pour ceux qu’il avant manqués, j’avais déjà commencé à y remédier. Quelques soirées de folies patientaient encore dans ma besace, et je n’attendais qu’une ouverture pour l’inviter ou squatter chez lui. Rien que lui, moi, un pot de glace et un thé brûlant (ou un grand verre de lait glacé pour lui), une couverture douillette, un bon feu de cheminé et ses bras accueillants.
Nous entrainâmes nos bêtes par la bride hors de l’écurie et dans le froid mordant. Je laissai Gabe se charger de fermer la porte derrière nous et me hissai avec la force de l’habitude sur le dos de la bébête. J’attendis qu’il en fasse autant avant de suivre un Baltik qui folâtrait déjà plusieurs mètres devant nous. A cette époque de l’année, même à cette heure, il régnait une sorte de pénombre qui m’évoquait toujours une idée de mystère. Ce n’était pas la nuit profonde H24, mais on se serait cru dans Brave… Il n’aurait plus manqué que quelques feux follets ici ou là ! Evidemment, ce béotien ne l’avait pas encore vu, mais c’était sur ma liste de chose à lui faire faire.

- Alors ? lançai-je comme nous prenions le chemin pour quitter l’exploitation. Tu as une envie précise ou je laisse mon sixième sens nous guider ?

Il savait à quoi s’en tenir : mon sixième sens était cette entité légendaire qui m’avait inspiré l’idée du sandwich « bacon-confiture d’abricot » (miam ♥), mais c’était aussi à lui qu’on devait l’échec de plusieurs de mes ex (ce qui jouait nettement moins en sa faveur) ainsi qu’une étrange compulsion à ramasser les morceaux de verre qui trainent par terre. Comme dirait Lumière : « y a le pour, et y a le contre ».
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MessageSujet: Re: Tire la chevillette   09.03.14 14:57

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Dès que j'avais le dos tourné, cela me donnait une raison de rêvasser tout en harnachant les chevaux. C'était drôle quand on y pensait. Proposer une promenade était la chose la plus simple à faire pour moi, et je savais pertinemment que je n'en profiterais pas pour faire une longue déclaration à la blondinette. C'est le problème des mensonges, plus ils durent, plus la vérité est dure à dire. C'était la faute de Chad aussi ! Cet imbécile trouvait cela drôle d'entretenir le fait que nous avions une idylle ensemble, et May, un peu trop crédule, y croyait. Qu'est-ce qu'il fallait que je fasse, que je m'arrange pour avoir les deux Ellingson en face de moi et mimer une douloureuse rupture ? Ma princesse viendrait me consoler, et qui sait, peut-être pourrais-je jouer le garçon au cœur brisé qui ne veut plus sortir avec aucun homme. Et dans ce cas là, il ne reste que les filles... enfin, on en revenait au même point. Je ne pouvais tout bonnement pas faire passer la sœur après le frère. Chad me tuerait, littéralement. C'était le rôle de grand frère de protéger sa petite sœur, même si elle était grande, majeure, vaccinée, tout ça. Une chance pour elle qu'il n'ait toujours pas tenté de l'envoyer dans un couvent, vraiment. De toute manière, je préférais prendre la faute. C'était pas très téméraire comme comportement, de hocher mollement de la tête quand elle parlait de son frère -mon pseudo petit-ami-, et de tenter de ne pas réagir quand elle se rapprochait trop ou me faisait des bisous innocents. Le plus dur, c'est quand je tentais d'y répondre. Je n'étais qu'un homme raide dingue. Combien de fois j'avais rêvé de dévier les baisers sur sa joue à sur ses lèvres ? Perdu dans mes pensées, il m'arrivait de fixer sa bouche aux lèvres roses et souvent étirée en un fin sourire. Je me demandais quel goût elles pouvait avoir. Ça devait être sûrement doux, sucré, et extrêmement agréable. Un peu comme le fruit de l'interdit. Ah bon sang, si j'avais pu remonter dans le passé, je n'aurais pas touché à une goutte d'alcool et j'aurais vivement repoussé Chad en tannant que ce n'était pas drôle le jour où on a couché ensemble. Même si tout n'avait pas été désagréable, cela faisait parti des expériences traumatisantes que je ne voulais pas revivre, et à laquelle je ne voulais vraiment pas repenser, au même titre que l'intervention de May dans la chambre. Comme en plus elle avait la langue pendue... je m'étais attendu à ce que la maman Ellingson soit directement au courant, mais dieu merci, ce n'était pas le cas. Elle se serait attendue à ce que je me marie à May un jour, par que je monte des projets futurs avec son fils.

Les chevaux étaient prêts, May aussi après que je lui ai remonté sa fermeture éclair jusqu'au menton. Cela me donnait une excuse de l'observer. Elle était adorable, ça ne devait pas être permis de l'être autant... Surtout avec sa moue. Et son air de séductrice, elle voulait vraiment m'achever ? Diablesse. Je réussis à garder contenance de justesse en riant légèrement. « Tu seras bien contente d'être aussi couverte dehors, crois moi ! » Sa mère ne pardonnerait sûrement pas qu'elle prenne froid par ma faute, après, elle risquait de m'envoyer aux tâches ingrates de l'écurie ! Pas forcément méchamment, parce que je surprendrais sûrement son regard à la fois narquois et taquin. Je préférais tout de même éviter, je voulais en faire d'autres des escapades. Je collais un bisou sur le nez de May. « Désolé princesse, mais je te rappelle que je ne suis pas très doué pour tout ce qui est musique. » Une des choses que je trouvais dommage. Tout le monde en parlait, tout le monde aimait ça. Je me sentais facilement exclus quand une discussion s'ouvrait sur le dernier album de tel ou tel artiste. Je reculais et attrapais la bride d'Apache pour sortir dans le grand froid, pas si mordant que je l'aurais cru finalement. Baltik n'avait pas attendu l'autorisation pour s'élancer sur le chemin, déjà le museau en l'air à la recherche de fumets inconnus. Le temps de refermer les portes de l'écurie, et j'étais à côté de May, hissé sur le dos du cheval qui semblait déjà impatient de gambader. Je surpris tout juste les quelques mots qui s'échappèrent de la bouche de la blondinette. Par où on commençait ? On avait le choix. Personnellement, j'adorais promener près du lac gelé, surtout qu'un peu plus loin, enfoncé dans les bois, j'avais découvert une superbe fontaine qui avait aussi gelé à cause du froid. Cela donnait un paysage que je trouvais tellement féerique ! Cela valait presque les aurores boréales. Mais mieux valait rester sur les chemins tout tracés, parce qu'on pouvait croiser des loups ou des ours blancs. Les loups prenaient peur la plupart du temps, mais les ours, c'était une autre histoire. « Suis-moi ! » lançais-je en souriant avant de lancer le cheval au trot jusqu'au chemin qui s'engouffrait entre quelques sapins. C'était le plus calme, on ne risquait pas de croiser des gens ou des voitures normalement. Et puis les animaux sauvages n'avaient rien à faire ici normalement. Nous étions seuls, tranquilles... et puis une lueur passa dans mon esprit. J'étais devant la blondinette, alors à moins de risquer un torticolis, je ne pourrais pas « entendre » ce qu'elle me disait. Il n'y avait personne. C'était peut-être le moment d'essayer de formater un peu la vérité. « Dis May, ça t'es déjà arrivé de mentir en pensant avoir tout à y gagner, et au final te retrouver coincée dans ton propre mensonge ? A tel point que ça te pourrit la vie tous les jours ? Que tu te sens obligée de mentir principalement aux personnes que tu aimes ? »
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