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 Le hasard se fout de nous | June

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Pingu d'or

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Maximilian A. Reed

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MessageSujet: Le hasard se fout de nous | June   31.01.14 22:07

    C'était vraiment pas de chance. Maximilian ne cessait de marmonner, plutôt de mauvaise humeur alors qu'il marchait sur le sol gelé, voire verglacé. Cela faisait deux ans qu'il était en Alaska, mais cela ne l'avait pas rendu aussi agile que les natifs du coin qui semblaient avoir moins de difficultés que lui à tenir sur leurs jambes. Pour la conduite, bien équipé, cela allait mieux sans que ce ne soit pour autant une partie de plaisir. Mais en l'occurrence, il n'avait pas besoin de prendre la voiture pour aller acheter une ampoule. Oui, une ampoule, rien que ça. Cela aurait sans doute pu attendre les prochaines courses, mais voilà, quand l'ampoule du salon avait claqué sitôt qu'il avait essayé d'allumer la lumière, il avait fallu qu'il la change. Sauf qu'il n'y en avait plus. Malheureusement, Max était du genre têtu, voire psychorigide et il n'était pas envisageable qu'il laisse cela comme ça.

    Alors après avoir retourné les tiroirs de l'appartement, il avait fait savoir à Teddy qu'il ressortait acheter une ampoule. Cela gênait moins la jeune femme que lui, mais il ne l'écouta pas et repartir affronter le froid polaire après une journée bien chargée et épuisante. Il avait enchaîné les clients aujourd'hui et parfois, il y avait des blessures plus psychologiques que physiques... C'était difficile de devoir vivre avec un handicap ou une douleur. Il faisait de la rééducation, certains patients venaient plusieurs semaines et guérissaient, reprenant le cours de leur vie comme si de rien n'était. Mais ce n'était pas la majorité... Apprendre à vivre avec la douleur, c'était quelque chose de difficile, apprendre à changer d'appui, à marcher différemment, à se servir des ressources et oublier les gestes d'une vie... Avoir mal quand il manipulait. Il écoutait la misère des autres et engrangeait tout.

    Le jeune homme était profondément altruiste, malgré ses défauts.

    Il était donc allé dans la petite supérette du coin, pour une ampoule et du papier toilette, tant qu'à faire et se hâtait de rentrer bien au chaud. Il avait envie de se poser et de ne plus rien faire de la soirée. Il la passerait sans doute en compagnie de Teddy qui ne sortait pas souvent. Tant mieux dans un sens, il pouvait davantage passer du temps en sa compagnie. Fut-ce à cause du manque d'attention ou bien une punition divine pour les pensées peu chastes qui lui traversèrent l'esprit qu'il sentit soudain son pied déraper. Naturellement, il tenta de rétablir l'équilibre, surtout en essayant de s'agripper à tout ce qu'il pouvait avoir sous la main. Pas grand chose au milieu de la rue.

    Franchement, il crut qu'il allait éviter la chute. L'espace d'une poignée de secondes, il se vit sur ses deux jambes, triomphant. Un espoir qui s'envola bien vite quand il perdit définitivement l'équilibre, juste à l'angle de la rue, tombant lourdement au sol. La douleur explosa au niveau du coccyx et du dos, alors que la tête cognait elle aussi sur le sol, un peu moins fort heureusement, et qu'il terminait sa glissade un mètre plus loin... Coupant ainsi la route à l'infortuné piéton qui arrivait perpendiculairement et qui n'eut pas franchement le temps de se préparer à cet obstacle.

    Tant qu'à faire les choses, autant les faire en grand non ?

    Et Maximilian ne se contenta pas de chuter seul. Il sentit le poids du corps qui s'effondre sur lui, entendit une voix féminine, surprise par ce brusque changement de position. Encore sonné, il se redressa à moitié, pour se confondre en excuses, naturellement :

    « Oh merde, pardon, je suis vraiment désolé, rien de cass... »

    Les mots se coincèrent dans sa gorge. Il avait du se cogner la tête plus fort qu'il ne le pensait. Il oublia un instant ses lombaires douloureuses et son fessier martyrisé pour observer la femme qu'il avait fait chuter. S'il y avait un Dieu, vraiment, il devait avoir le sens de l'humour. De toute la population de Barrow il avait fallu qu'il tombe sur la seule personne qu'il avait du mal à aborder.

    Sa sœur.

    Enfin réunis, pour la première fois depuis des années, sur le sol gelé d'Alaska, dans une situation grotesque. Max regardait sa sœur avec une expression de poisson en dehors de l'eau. Que dire après tout ce temps ? Que dire quand ses derniers mots avaient été de souhaiter sa mort et qu'elle avait presque exaucé son vœu en disparaissant pendant des années ? N'était-il pas venu là pour enquêter, pour savoir ce qui était arrivé, incapable de faire une croix sur elle ? Tellement de sentiments contradictoires qui lui revenaient avec force... Leur complicité enfants et adolescents, leur déchirement quand June avait choisi sa voie... Ses propres chagrins... Tout remontait et cela faisait mal, plus que quelques contusions et hématomes.

    « June... »

    Lui qui pouvait se montrer si à l'aise et bavard... Il avait perdu toute sa superbe, incapable de savoir comment réagir face à sa sœur...

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June L. Reed

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MessageSujet: Re: Le hasard se fout de nous | June   05.02.14 18:19

Bon sang, je ne m’y ferais jamais au froid de l’Alaska. Non mais ce n’est pas possible de vivre dans un tel congélateur. Mais pourquoi j’ai suivi Stiles jusqu’ici ? J’aurais mieux fait de repartir pour le Texas, au moins j’aurais eu chaud. Et si je pouvais dire que j’avais quelqu’un pour me tenir chaud, ça serait le top et je ne me plaindrais pas mais, ce n’est pas le cas. Ouais, y a Stiles et malgré ce qui s’était passé le soir du premier décembre, on n’avait jamais réitéré l’expérience. Pourquoi ? Je n’en sais rien mais je pense qu’il m’en veut. Enfin je ne sais pas ce qu’il se passe dans sa tête, il est à la fois bizarre et on est resté proches comme avant. Enfin proches, quand je fais des cauchemars quoi. Depuis ce jour-là, c’était devenu bizarre entre nous et j’avais décidé de faire comme s’il ne s’était rien passé. Oui, on ne s’est pas embrassé. On a juste regardé ce film et on s’est confié mais c’est tout. Point à la ligne. Oui, c’est très bien comme ça et je ne me suis pas rendu compte que lui et moi, ça ne me déplaisait pas tant que ça. Non non, c’est impossible. Jamais. Never. D’ailleurs, je ne sais même pas pourquoi je suis là à visiter des appartements pour lui et moi. On devrait partir chacun de son côté et faire notre vie sans l’autre. Oui, lui il a sa copine enfin fiancée dans le coma et moi, j’ai personne et je dois refaire ma vie. Mais bizarrement, je ne me vois plus continuer sans lui. C’était vraiment étrange toute cette contradiction dans mon esprit. Raaaaaaah Stiles Hawkins, je te déteste !! C’était au moins le troisième que je visitais et je commençais à en avoir un peu marre des discours de l’agent immobilier. Ouais, ça saoule légèrement d’entendre que c’est le meilleur appartement pour un jeune couple comme nous et qu’il n’y a pas meilleur endroit pour commencer une vie à deux voire à plus si on envisage de faire des enfants. Bon sang, ils ne comprennent pas quoi dans on n’est pas en couple ? Ils veulent peut-être que je leur donne une preuve du fait que je ne suis pas juste pudique ? Non mais je vous jure ceux-là, trois baffes.

Une heure plus tard, j’avais fini les visites et hallelujah enfin ! Bordel que ça avait été long. En plus, je n’avais même pas trouvé mon bonheur. Notre bonheur. Parce que oui, il y avait un nous là même si ce n’était pas le nous d’un couple. Ouais, non, pas de couple. Faut vraiment que je rencontre de nouvelles personnes, je tourne en rond là et surtout, je suis complètement perdue. Ouais, j’ai le cerveau en vrac et je ne sais plus où j’en suis. Je ne regardais pas où je marchais et ce fut bien mon tort. Ouais, j’aurais mieux fait de rester concentrer sur mes pieds et sur ma route parce qu’au moins, j’aurais vu l’homme allongé sur le sol. Je me pris les pieds et tombai sur lui. « Bordel de… fait chier ! » Heureusement, il avait amorti ma chute en quelque sorte mais merde, ça fait mal et en plus, j’étais complètement trempée maintenant avec toute cette neige. Je le sentis se redresser et tentai moi aussi de le faire mais ça glissait tellement que j’avais du mal. « Oh merde, pardon, je suis vraiment désolé, rien de cass... » C’est alors que je reconnus la voix. Cette voix. Celle de mon frère. Enfin, il ne l’était plus à mes yeux depuis qu’il m’avait dit que j’étais morte à ses yeux mais, il avait quand même le même sang. Je me remis sur mes pieds rapidement comme brûlée par le sol alors qu’il était glacé. Je le fixai sans pouvoir dire un mot. En fait, j’avais une rage qui s’animait au fur et à mesure en moi rien qu’en repensant à notre dernière entrevue. Ouais, il avait souhaité ma mort et il avait presque eu son vœu exaucé. Le jour où j’ai été kidnappé, ça avait dû le délivrer de croire que j’étais morte. « June... » Je soupirai. Il m’exaspérait mais alors à un point, j’arrivais pas à y croire. La seule chose qu’il arrivait à me dire après m’avoir dit qu’il voulait que je crève c’était June ? Sérieusement ? En tout cas, je vois qu’il a pas mis beaucoup de temps pour se créer une nouvelle vie dans un autre état. « Quoi ? T’as vu un fantôme ? Ah mais attends non, tu dois être juste déçu qu’au final, je n’ai pas crevé dans mon désert. » J’étais dure et méchante même mais j’avais vraiment eu mal lorsqu’il m’avait dit ça. Comment avait-il pu me faire ça alors que je n’y étais pour rien. Moi aussi j’avais eu de la peine lorsque notre mère est morte mais, c’était une évidence que ça allait arriver. « Je vois que t’as trouvé un nouvel endroit pour refaire ta vie. C’est bien. L’Alaska c’est l’inverse du Texas ça a dû te faire un dépaysement. Oh mais, tu as pensé à maman ? La laisser seule au Texas, ce n’est pas vraiment cool de ta part. » C’était petit et bas mais c’était à charge de revanche.

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MessageSujet: Re: Le hasard se fout de nous | June   06.02.14 19:17

    Et bim.

    Le ton était donné. Si Max était encore sous le coup de la surprise et ne savait absolument pas comment se comporter avec sa sœur, en proie à des sentiments et émotions contraires et trop forts, elle, elle retrouva rapidement ses esprits et tout son mordant. Rien n'était passé, rien n'était pardonné. En même temps, il se rappelait très bien de ce qu'il lui avait dit la dernière fois qu'il l'avait vu. Et elle aussi, elle le lui balança aussitôt. Derrière l'agressivité, il devinait la blessure. Si cela n'avait pas été le cas, pourquoi lui ressortir cela aussi rapidement ? Elle avait des griefs contre son frère qui s'était montré si dur avec elle... Mais souhaiter la mort de quelqu'un, c'était violent... Le chagrin de perdre sa mère l'avait aveuglé, sans aucun doute, surtout qu'il avait prophétisé cette fin. Et puis, à cela s'ajoutait sa propre culpabilité de ne pas avoir pu sauver sa mère quand June avait réussi à plusieurs reprises. Mais là, il aurait fallu que June soit psychologue pour le deviner et ce n'était pas son fort.

    Et puis, cela faisait quelques temps que June était revenue dans le coin et il n'était même pas venu auprès d'elle. Mais comment l'approcher avec ce qu'il avait dit justement ? Il y avait l'affection qu'il avait pour cette petite sœur avec laquelle il avait grandi... Et la rancœur envers cette femme, devenue militaire, malgré ce que l'armée avait fait de dégâts dans leur vie. Au delà de tout cela, il y avait surtout une profonde incompréhension entre eux.

    Alors il encaissa la première pique sans broncher.

    Mais, alors qu'elle enchaînait les coups, il sentit la colère remplacer toute autre forme de sentiments. Son regard se durcit. Il n'était pas du genre à prendre des coups sans les rendre. Il n'était pas méchant, loin de là, même si, au vu de ce qu'il avait pu dire à sa sœur, on pouvait en douter. Mais quand on le blessait, il mordait, comme un animal acculé. Alors évoquer ainsi leur mère, c'était sans doute l'attaque perfide qu'il ne fallait absolument pas lancer.

    « J'pense pas que cela change grand chose de là où elle est. Et je n'ai pas à me reprocher de l'avoir abandonnée de son vivant moi. »

    Parce que finalement, une tombe était une tombe. Sa mère ne pouvait plus rien ressentir maintenant. C'était quand elle était encore en vie qu'il fallait être là. Et June l'avait abandonnée. Pour vivre sa vie, après avoir sacrifié sa vie, mais ça, Max s'en fichait. Il savait juste que lui, il avait été là jusqu'au bout. Que June aurait pu faire autre chose que de partir à l'autre bout du monde. Qu'ils auraient pu s'arranger, en discuter. Mais non, encore une fois, c'était l'incompréhension qui avait mené à ce désastre. June s'était sacrifiée pendant 3 ans avant d'en avoir sa claque et de reprendre sa vie en main. Max avait vécu sa vie pendant 3 ans, avant de reprendre le flambeau quand sa sœur avait déserté. Mais il ne connaissait rien du désarroi de June. Et elle du sien.

    Il essaya de se relever. Putain, qu'il avait mal au niveau du coccyx et de l'arrière de la tête, c'était phénoménal. Mais là, avachi sur la glace et dans la neige, il commençait à être trempé et il devait avoir l'air ridicule. Il se redressa doucement, se massant l'arrière du crâne, mais ne proposant pas d'aide à sa sœur. Déjà que son équilibre était précaire.

    « Franchement June, le soleil du désert t'a cramé les neurones ? T'as pas une petite idée de ce que je pourrais foutre dans cette ville ? »

    Non parce que bon, de toutes les villes où il aurait pu aller... Barrow était la moins probable. Mais dans cette ville, il y avait la famille d'un proche de June à l'armée. Ce proche qu'il avait voulu rencontrer pour savoir ce qu'était devenue sa sœur. Sa seule famille restante. Mais ça, non, ça ne lui venait pas.

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MessageSujet: Re: Le hasard se fout de nous | June   06.02.14 21:47

J’avais donné le ton et je savais que je venais sûrement de déclarer la guerre. Enfin pas la guerre puisqu’il me l’avait déclarée le jour où j’étais partie à l’armée mais, j’avais ravivé la flamme de la haine en lui et je le voyais à ses yeux. Ouais, j’étais injuste parce que je ne savais plus rien de lui et je me permettais de le juger. C’était petit et puérile mais, il avait fait ressortir la peste qui sommeillait en moi et il ne récoltait que ce qu’il avait semé après tout. Je détestais la fille froide et sans cœur que j’étais devenue mais je ne voulais plus jamais souffrir comme j’avais souffert après ma dernière entrevue avec lui. Oui, j’avais de la peine et j’étais vraiment mal qu’il ait pu souhaiter ma mort mais ce qui me blessait plus au fond c’était qu’il préfère me reprocher la mort de notre mère alors qu’il devrait la lui reprocher à elle. C’est elle qui a mis fin à ses jours. C’est elle qui avait préféré en finir avec la vie plutôt que de se reprendre pour son fils. Bon sang, comment pouvait-il m’en vouloir alors que je n’y étais pour rien ! Je pourrais aussi lui reprocher bien des choses et pourtant, je ne l’ai jamais fait. Pas une seule fois j’ai eu une lettre de lui ou de ma mort au front. Pas une fois il m’avait souhaité mon anniversaire alors que pendant trois ans, j’avais souhaité le sien sans jamais avoir de réponse. On ne pouvait pas dire que j’ai été la pire sœur au monde mais apparemment, à ses yeux je l’étais. Et ça, je ne lui pardonnerais jamais. J’ai la rancune facile et là, elle était plus que tenace. Il n’y avait qu’à entendre les horreurs que je balançais à la tête de mon propre frère.

En tout cas, ses paroles me prouvaient que j’avais raison. Sa première pique en soi n’était pas réellement blessante pour moi. J’avais fait tout ce que je pouvais pendant trois ans et j’avais juste décidé de reprendre le cours de ma vie sans attendre que ma mère finisse par réussir à mettre fin à ses jours. Ouais, à cette allure-là, j’en aurais encore eu pour trois ans minimum et merci bien mais, j’avais beau avoir aimé ma mère, je n’avais pas eu l’envie de sacrifier encore des années de ma vie pour attendre qu’elle nous quitte enfin. C’est dur de dire ce genre de choses mais, c’était la vérité. La façon dont elle avait agi était d’un égoïsme pur et simple et on ne pouvait m’en vouloir d’avoir moi aussi agi avec égoïsme après tout ce temps. Alors oui, je m’étais sentie mal pour Max de l’avoir laissé seul avec elle et face à la mort mais, ça avait été plus fort que moi et j’avais été tellement blasée par cette mère qui avait fini par nous abandonner que, je l’ai lâché. J’avais été lâche et j’avais laissé tomber la personne qui m’était le plus cher mais, ça avait été au-dessus de mes forces. J’avais beau paraître forte, je ne suis qu’un être humain qui a ses limites et la mort de mon père plus ces trois années avaient achevées les miennes. Je dois retourner au Texas mais, je n’y arrive même pas. Je pourrais demander à Stiles de venir mais, je ne suis pas sûre qu’il accepte. Oui, rester avec moi pendant tant de temps ne devrait pas l’enchanter après tout.

Mon frère enchaina sur le fait qu’il était à Barrow pour une certaine raison. Je ne voyais pas trop ce qu’il avait bien pu vouloir chercher par ici. Je ne vois pas. A part la famille de Stiles et Clyde, il n’y avait personne que je connaisse ici alors lui… « Non, je vois vraiment pas pourquoi t’es venu te terrer dans un endroit pareil… Tu devais vraiment te faire grave chier à Dallas pour vouloir mourir d’ennui ici. » Je roulais des yeux. Ouais bon ce n’était pas très logique mais, j’avais envie de taper où ça faisait mal. Je n’en avais pas fini avec lui. Je finis par me redresser enfin après un énième effort. J’étais trempée et il faisait froid. Et puis, ça me fit tilt. Il était venu à Barrow pour la famille de Stiles et Clyde. Oui, l’armée a dû lui donner des informations et il était venu ici. Je connaissais assez mon frère pour savoir qu’il était capable de ça. Je ne comprenais juste pas pourquoi il l’avait fait après m’avoir dit ce qu’il m’avait dit. « Oh mais j’y suis, t’es venu voir la famille de Clyde et Stiles. Logique maintenant. Je comprends juste pas pourquoi et ce qui t’a poussé à rester… T’étais si rongé par la culpabilité que t’es venu jusqu’ici ? » Je le regardais sans une once de remords. Oui, j’en avais gros sur la patate et ça se sentait. Je me serais même donné des baffes si j’avais pu.

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MessageSujet: Re: Le hasard se fout de nous | June   07.02.14 15:26

    Oh mais pourquoi est-ce que June avait cette foutue capacité de faire ressortir les plus mauvais côtés de son frère ? Hargneuse, ironique, elle ne pouvait que le pousser dans ses retranchements et le braquer, c'était une évidence ! Elle ne répondit pourtant rien à sa réplique concernant leur mère. Soit parce qu'elle jugeait qu'elle était infondée, soit parce qu'elle n'avait rien à répliquer à cela parce qu'il avait raison. A moins qu'elle ne soit pas décidée à ce qu'il fasse de nouveau son procès au milieu de la rue, puisque la discussion à ce sujet ne pouvait que dégénérer, immanquablement. Par contre, quand il lui demanda si elle n'avait pas une petite idée de sa présence ici, elle répondit sans vraiment y réfléchir, lui disant simplement qu'il devait s'ennuyer ferme au Texas pour venir s'ennuyer sans doute encore plus ici. Il avait renoncé à toute sa vie là bas, en effet. Non pas que cette vie là lui manque, il n'y avait pas grand chose à regretter, les mauvais souvenirs venant, malheureusement, assombrir totalement les bons.

    Et pourtant, il y en avait eu des moments heureux. Ces heures à jouer avec June, à l'aider à apprendre à monter à cheval, à la guider. A la taquiner quand ils couraient dans les grandes étendues poussiéreuses. Qu'est-ce qu'il s'était passé ? Pourquoi avaient-ils tant changé tous les deux ? Où était le grand frère protecteur et moqueur, qui n'aurait pas manqué d'envoyer à l'hôpital le type qui aurait osé se comporter comme il l'avait fait ? Où était la jeune fille souriante et aimable, avec son caractère affirmé, parfois de cochon, mais qui aidait les autres ?

    Que s'était-il passé en vérité ?

    Ah si seulement June ne s'était pas montrée si agressive de prime abord... Sans doute que Max aurait pu faire son mea culpa, ou au moins, se montrer un peu plus aimable. Un peu plus... son frère. Mais là, c'était désormais peine perdue.

    Il s'était redressé, se massant l'arrière du crâne et elle fit de même, avec autant de précaution. Mince, il avait eu l'air aussi ridicule qu'elle ? On dirait deux Bambi sur le lac gelé tiens ! Et aucun Pan Pan pour venir leur prêter main forte en plus. On dirait d'ailleurs qu'en reprenant de la hauteur, cela remit le cerveau de June en marche. Il n'était peut-être pas bien irrigué si près du sol froid, allez savoir ? Parce qu'elle fit enfin une réflexion pertinente. Oui, ici, il y avait la famille de ses potes. Elle avait déjà fait un pas vers la compréhension, mais il restait beaucoup de chemin à faire. Et de nouveau, elle lança un pique qu'il encaissa sans broncher.

    Et maintenant, que répondre ?

    Il pouvait lui tourner le dos et se barrer, non sans lui lancer qu'elle n'était qu'une conne égoïste qui ne comprenait rien et ne voulait rien comprendre. C'était vraiment tentant, d'ailleurs. Mais alors, il aurait réagi comme un gosse vexé et ce n'était quand même pas très flatteur pour son ego, il faut bien l'avouer. Il pouvait aussi lui dire la vérité... Mais cela impliquait de se livrer à elle et il n'était pas certain d'être prêt à le faire. Lui dire qu'il l'avait cherché parce que finalement, il s'était rendu compte qu'il n'était pas prêt à la perdre tout à fait, malgré ses paroles... Qu'elle demeurait sa sœur, même s'il l'avait si superbement et froidement reniée. Mais ne serait-ce pas faire peur de faiblesse face à elle ? Il supporterait difficilement qu'elle se fiche de lui s'il lui avouait la vérité, une vérité qui le rendait vulnérable. Et il avait sa fierté en plus.

    « Il y a beaucoup de choses qui me rongent. »

    Il aurait voulu se montrer lapidaire. Il n'y parvint pas. On devinait le regret dans sa voix, mais aussi la douleur. La culpabilité, oui, bien évidemment. La tristesse aussi. La colère qui lui empoisonnait le cœur et le rendait si abject avec elle. Une colère qui refusait de s'en aller. Il était rancunier, beaucoup trop. Sa voix était plus faible que précédemment, comme pour désamorcer le conflit. Ou parce qu'il n'avait plus envie de se battre.

    « Je suis venu ici pour avoir des réponses. Parce que je ne pouvais pas me contenter d'un « disparue dans l'exercice de ses fonctions ». C'est vrai, je t'ai dis que je te voulais morte, que tu n'étais plus ma sœur à mes yeux, que je n'en avais rien à foutre de ce qui pouvait t'arriver. Mais apparemment, il existe un truc plus fort que la colère ou le ressentiment. »

    Le lien fraternel. L'affection résiduelle. Les souvenirs. Le fait de se retrouver vraiment tout seul et d'avoir perdu tous ses proches. Il ne s'excusait pas de ce qu'il avait dit. Il ne fallait pas pousser. Il était toujours persuadé qu'elle s'était montrée égoïste. Mais s'il n'avait été si affligé par le chagrin, jamais il n'aurait été aussi catégorique et brutal.

    [color=#666666]« Et en te cherchant, j'ai rencontré des gens sympas ici et j'ai décidé de rester. Y'a plus rien qui me retient à Dallas, sinon les fantômes. »[/color]

    Il marqua une pause, observant sa sœur avec gravité.

    « Je n'ai pas vendu le ranch. »

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MessageSujet: Re: Le hasard se fout de nous | June   09.02.14 12:52

J’avais hâte d’entendre ce que mon frère allait pouvoir bien répondre à ça. Oui, j’étais curieuse de savoir ce qui l’avait poussé à venir à Barrow voir la famille de Stiles. Après tout, il avait failli avoir ce qu’il avait voulu alors, je ne comprenais pas réellement pourquoi il avait traversé le pays pour venir à Barrow et aller voir les Hawkins. Peut-être qu’il voulait les informer que j’étais une belle garce et que ça aussi c’était de ma faute. En écoutant mon frère, on pouvait croire que toutes les morts du monde pourraient être de ma faute alors ça ne m’étonnerait même pas qu’il ait fait ça. Je me demandais juste comment on a pu en arriver là, à se détester mutuellement. Je me rappelle encore de tous ces moments passés avec lui au Texas et à quel point il avait été un grand frère formidable. Je comprends qu’il m’en veuille d’être partie au front au final mais, ce qu’il m’a dit, jamais je ne l’oublierais. Ça avait été trop à encaisser et je ne pourrais surement jamais le pardonner.

Sa réponse arriva quelques temps après. On aurait dit qu’il avait pris son temps pour réfléchir à ce qu’il allait dire. Surement qu’il avait hésité entre m’envoyer bouler ou me dire la vérité. J’étais contente qu’il se lance mais je ne lui montrais pas. Non, je ne voulais pas qu’il voit que ça pouvait peser dans la balance. J’étais curieuse de savoir ce qui le rongeait tant. Peut-être que c’était la façon dont on s’était quitté la dernière fois que nous avions parlé ou alors, juste le fait que je ne sois pas morte. Qui sait. Il m’avouait qu’il avait eu besoin de réponses suite à ma disparition et j’eus un pincement au cœur. Pas de nostalgie non mais plus parce qu’au fond, ça me faisait quelque chose qu’il ait cherché à savoir où j’étais à ce qui m’était arrivé. Ça prouvait qu’au fond de lui, il tenait encore à moi et la petite sœur qui adore son frère s’accrochait à cette information précieusement. Je l’avais perdu mais peut-être qu’un jour, nous arriverions à nous parler de manière plus posée et calme. Je savais que ça ne serait plus jamais comme avant mais, je serais plus qu’heureuse que ça s’arrange quand même. Pourtant, le fait qu’il n’ait même pas honte de ce qu’il avait pu dire me fit changer quelque peu d’avis. Il n’avait pas l’air de regretter ses mots et moi, je lui ferais bien avaler.

Les fantômes. Alors j’en faisais partie. Le message était donc clair et précis. Je faisais partie des fantômes du passé pour Max et je le resterais donc parce que je n’avais aucune envie d’influer sur sa précieuse petite nouvelle vie avec ses nouveaux amis. Je n’avais jamais pu faire une croix sur lui malgré tout mais je vois que pour lui, c’est une toute autre chose. Bien, qu’il en soit ainsi. J’allais répondre mais, il parla du ranch et comme quoi il ne l’avait pas vendu. Je ne fus pas réellement surprise. Il devait s’accrocher au ranch pour ce qu’il avait vécu avec les parents là-bas. Il le faisait pour lui, certainement pas pour moi. Non, j’étais trop égoïste à ses yeux pour qu’il fasse quelque chose pour moi.

« Oh vraiment ? Après tout tu pourrais, il t’appartient tu es l’ainé. Papa voulait qu’il te revienne alors, tu pourrais le vendre pour te faire tout l’argent dont tu pourrais avoir besoin pour ta génialissime nouvelle vie ici. » La rancœur dans ma voix devait se ressentir. Pourtant, je n’étais pas méchante dans mes propos, j’étais juste blessée qu’il m’ait complètement rayée de sa vie il y a trois ans. Après tout, je ne pouvais pas lui en vouloir mais, je le faisais et je le ferais pendant encore très longtemps. Il faudrait bien de l’eau sous les ponts pour que j’arrive à passer au-dessus. Je regardais mon frère et je cherchais ce petit quelque chose qui me ferait dire qu’il était toujours là mais, je ne trouvais pas. « Je ne sais pas pourquoi tu ne l’as pas fait mais comme c’est la dernière chose qui nous lie toi et moi tu dois bien vouloir t’en débarrasser non ? Je ne suis plus ta sœur après tout alors tu ne devrais pas avoir de remords à le vendre et à te faire de l’argent dessus. Je le ferais moi. » Faux. Je ne le ferais jamais si j’avais été dans sa situation. Je l’aurais gardé pour conserver justement ce lien que nous avions eu lui et moi, cette dernière chose qui pouvait me rappeler notre enfance, les moments passés. J’aurais aimé pouvoir lui dire ça mais, la femme blessée parlait plus que la petite sœur à qui son frère avait énormément manqué. « Ecoutes Max… je sais que tu m’en veux et je t’en veux aussi mais… » J’allais être honnête avec lui pour une fois et lui dire ce que je pensais réellement. Ce serait surement la dernière fois que je lui parlerais alors autant qu’il sache la vérité. « Je n’ai cessé de penser à toi et à si tu allais bien pendant ma captivité. Je sais que tu me détestes et je comprends totalement. Je te déteste pour m’avoir renié mais, tu restes mon frère et je t’aime. J’avais besoin de te le dire parce que je sais que ça sera surement la dernière fois qu’on se parlera. Je te souhaite vraiment tout le bonheur que tu mérites et… » Je me stoppai ne pouvant continuer. Ces trois mots n’arrivaient pas à sortir malgré tout. Je lui souris tristement avant de prendre la direction pour rentrer chez moi. J’avais fait un pas vers lui mais qui n’avait surement servi à rien.

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MessageSujet: Re: Le hasard se fout de nous | June   18.02.14 17:20

    Max se raidit quelque peu à la réponse de sa sœur. Un muscle tressaillit sur sa mâchoire, signe que la réponse mordante de sa sœur le touchait un peu trop. Il lui lança un regard sombre, hésitant encore une fois à l'envoyer bouler vertement. Elle ne pouvait pas faire un petit effort aussi de son côté ? Il avait l'impression qu'il était le seul à tenter d'aplanir un peu les angles pour se parler sans se déchirer. Sauf que la patience n'était pas son fort quand il s'adressait à elle. Il demeura silencieux, jusqu'à ce qu'elle enfonce le clou, lui rappelant qu'après tout, c'était comme si il était fils unique. Leur dernier lien. Il prit une ample inspiration. C'était sans doute cela le problème. C'était leur dernier lien avec ce qui avait été et il n'avait pas eu le courage de signer une vente. De tout rayer. Mais le penser et le dire étaient deux choses bien différentes. Et June qui affirmait qu'elle, elle n'aurait eu aucun scrupule. Pas étonnant, elle n'avait pas de cœur. Elle l'avait bien prouvé en quittant tout le monde et en précipitant ainsi leur mère dans la tombe... En abandonnant son frère.

    « Oui, je pourrais. Je le ferais. Je ne pense pas retourner y vivre un jour. Et cela ne te servira pas, tu n'es jamais là, combien de temps avant la prochaine mission ? »

    June ne pourrait pas gérer un ranch. C'était un travail à plein temps ou presque. Même lui ne pourrait sans doute pas, à moins de laisser tomber son métier, mais il n'en avait pas envie. Il pouvait trouver une petite amie qui gérerait, mais quand il songeait à cela, il songeait à Teddy et l'imaginer dans ce milieu... Euh non, ce n'était juste pas compatible en fait. Ce n'était pas une fille de la campagne. Son truc, c'étaient les ordinateurs, les caméras de surveillance, le piratage informatique... Et les meurtres glauques. Glamour dit comme ça. Son regard se porta sur un point invisible, alors qu'il reprenait avec une voix un peu absente :

    « Je pensais que ce serait plus facile de couper les liens qui me rattachent au passé... Mais il y a tellement de souvenirs dans ce ranch... »

    De bons souvenirs en majorité. Beaucoup en compagnie de June d'ailleurs. Quand ils étaient des enfants, libres de leurs mouvements, jouant parmi les animaux, sous le regard bienveillant de leur mère, avant que toute leur vie ne bascule à la mort de ce père trop absent... Après cela, leur mère n'avait plus été qu'une ombre. Et ils s'étaient déchirés dans la douleur.

    Quand elle reprit la parole, un peu plus doucement, son regard perdu dans les souvenirs se posa sur elle, moins rageur qu'auparavant, avec une once de cette douceur qui lui était coutumière avec les autres. Avec elle. Avant que la colère ne le consume totalement. S'il lui en voulait ? Non, c'était même pire que cela, il lui semblait que c'était trop faible comme idée. C'était un poison, cela le dévorait. Pourtant, les premiers mots furent comme un baume apaisant. Était-ce normal que sa sœur, qui était captive, pense à lui et surtout se soucie s'il allait bien ? Il était à l'abri, lui, pas perdu quelque part dans le désert, peut-être torturé. Lui aussi il avait pensé à elle et il s'était imaginé tant de choses à son sujet, du plus soft au pire... Il s'était résigné à sa mort. Partie en pensant que son frère ne l'aimait plus et ne voulait plus jamais entendre parler d'elle. Or, ce n'était pas tout à fait vrai.

    Il la détestait pour s'être enrôlée dans l'armée alors qu'elle savait pertinemment qu'il ne l'accepterait pas et le vivrait mal. Il la détestait de s'être montrée égoïste. Elle le détestait d'avoir été si dur, d'avoir tracé une croix sur elle après tout ce qu'ils avaient vécu. Les griefs pouvaient-ils avoir raison de l'amour fraternel qui les liait encore malgré tout ? Que Max n'ai pas vendu le ranch prouvait bien qu'il n'avait pas tiré un trait sur June. Qu'il accepte de lui parler aujourd'hui, aussi. Inconsciemment, peut-être cherchait-il une certaine réconciliation.

    Quand June lui dit qu'elle l'aimait et profitait de cette occasion pour lui dire car ce serait la dernière, il sentit quelque chose se briser en lui. Et quand elle fit mine de s'en aller, il resta pétrifié une poignée de secondes, se demandant quoi faire. La laisser partir. Et ainsi, définitivement l'enterrer. La rattraper... Et leur donner au moins une petite chance. Pourquoi s'était-il exilé à Barrow ? Parce qu'il voulait savoir ce qui lui était arrivé. Il l'avait cherchée. Il avait regretté ses paroles. Et maintenant qu'elle était vivante, en chair et en os, il allait camper sur ses positions par fierté ? Allait-il se montrer aussi con ?

    « June, attends ! »

    Il se lança à sa suite, manqua encore de se prendre une gamelle en allant un peu trop vite et la rattrapa. Ses bras l'entourèrent, alors qu'il se tenait encore dans son dos. Ils se retrouvèrent joue contre joue et il ne dit rien pendant quelques secondes, se contentant de la présence de sa sœur. Et quand il parla, il murmurait :

    « Je n'ai jamais voulu que tu sois morte... J'étais triste, j'étais en colère, et je t'en voulais tellement... De nous avoir abandonné, de faire comme papa, de devenir une étrangère, de risquer ta vie. Fallait-il que je te pleure toi aussi quand on mettrait ton cercueil en terre sous une belle musique et de beaux discours ? La mort de papa a tout foutu en l'air... maman ne s'en est pas remise... Et je savais que ton départ empirerait encore les choses... Pour elle, pour moi, pour notre famille. Mais quand tu as disparu... j'ai compris que je ne pouvais pas te rayer comme ça de ma vie. Je t'aime autant que je t'en veux. J'aimerais pouvoir changer les choses, mais je ne peux pas. Pas encore. »

    Voilà, c'était dit. Il en restait encore beaucoup à dire d'ailleurs, mais il ne fallait pas aller trop vite. Qu'il lui avoue déjà qu'il avait eu peur pour elle, qu'il lui explique sa colère et son chagrin était déjà énorme. Les choses ne seraient jamais plus comme avant, mais elles pouvaient s'arranger. Évoluer. Avec du temps, de la patience et de la compréhension. Mais si lui, il lui tenait rancœur de tout ça, elle avait ses propres griefs. Être reniée, c'était comme mourir un peu.

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MessageSujet: Re: Le hasard se fout de nous | June   19.02.14 16:27

J’eus mal au cœur quand mon frère me dit qu’il allait surement le vendre. Oui, le ranch, j’y tenais encore énormément bien que je fasse croire le contraire à mon frère. J’étais juste trop fière pour lui avouer et pour lui dire que ce ranch était tout pour moi mais que je n’aurais jamais le courage d’y retourner un jour. Pourtant, j’allais devoir le faire rapidement pour aller chercher mes dernières affaires qui y étaient restées. Je n’en avais pas l’air comme ça mais j’étais une sentimentale. Toujours du mal à jeter les choses, à m’en séparer. J’ai toujours détesté le faire. Mais, ce n’est pas le fait qu’il dise qu’il voulait vendre qui me toucha. Non, c’était plus la fin de sa phrase. Combien de temps j’allais repartir la prochaine fois en mission. Combien de temps j’allais encore abandonner les gens que j’aimais. Ça sonnait comme ça dans sa bouche et ça me faisait chier. J’avais vraiment du mal à me faire à l’idée qu’il me déteste à ce point.

J’aurais tellement aimé lui dire que je ne repartirais plus jamais. J’aurais aimé lui dire que j’avais déserté les marines et que je ne les avais toujours pas prévenus de mon retour à Barrow et du fait que j’étais toujours en vie. On était passés pour morts et maintenant, je n’avais aucun moyen de lui dire tout ça. J’avais encaissé beaucoup de choses pendant ma captivité. On m’a fait du mal. Enormément de mal même. J’en avais encore les cicatrices à certains endroits mais il y avait aussi les séquelles psychologiques. Je n’en avais jamais parlé mais, j’avais eu le droit à beaucoup plus que de la torture, qu’à des coups. Ça avait été bien plus loin et je ne m’en remettrais jamais. Alors, je ne veux même plus entendre parler de l’armée.

Je souris tristement lorsqu’il parla de la difficulté de se débarrasser de cet endroit à cause des souvenirs. C’est vrai qu’on en avait des magiques et e très beaux là-bas et c’est bien pour ça que je ne pourrais jamais y retourner. A peine j’y mettrais un pied que toute mon enfance se rappellerait à moi, que les souvenirs avec mon père, avec ma mère, avec Max me reviendraient comme un élastique en pleine tête. Rien que d’y penser, je me sentais mal et mon cœur se serrait de chagrin. Si j’avais été seule, j’aurais pleuré mais, je ne pouvais pas pleurer devant Max. Je me le refusais. Je ne voulais pas qu’il voit ma faiblesse.

Finalement, l’entendre parler comme ça et me rappeler de tout ce qu’on avait vécu dans le ranch fendit ma carapace et je décidai d’être honnête avec lui une dernière fois. Je savais que ce serait surement la seule et unique fois que je le verrais alors, j’allais lui ouvrir mon cœur une dernière fois. C’était bizarre de savoir que j’allais lui avouer ce que je ressentais mais, j’en avais besoin. J’avais besoin qu’il arrête de croire que je n’avais pas de cœur, que je ne savais pas éprouvée de la tristesse de l’amour pour quelqu’un. Je lui avouai donc que je pensais à lui pendant ma captivité, que je n’avais cessé de me demander s’il allait bien et si tout se passait bien pour lui. Le pire dans tout ça, c’est que je pensais à lui pour m’évader, pour penser à autre chose. J’avais vraiment vécu un enfer là-bas et penser à mon frère m’a toujours donné le courage de tenir. Je voulais avoir la fierté de lui dire qu’il l’avait souhaité mais que ce n’était pas arrivé malgré tout. Ça m’avait fait tenir et je serais capable de lui dire merci pour ça.

Alors que je fis un pas en direction de chez moi, il m’interpela me disant d’attendre. Je ne le fis pas pour autant, je n’étais pas prête à encaisser encore ses piques bien que j’en avais lancés moi aussi. Malheureusement, il finit par me rattraper mais il fit quelque chose à laquelle je ne m’y attendais pas. Ses bras s’enroulèrent autour de moi et je me figeai. Je devais rêver, je devais avoir cogné ma tête mais, Max qui me prenait dans ses bras, c’était impossible. Sa joue était contre la mienne et ça me fit penser à quand il m’enlaçait quand j’allais mal. J’avais envie de pleurer mais je me retenais. Et finalement, ses paroles eurent raison de moi. Je me mis à pleurer quand il admit enfin que ses paroles avaient été plus fortes que ce qu’il voulait. Mais surtout, le fait qu’il m’avoue qu’il ne voulait pas me rayer de sa vie était complètement fou pour moi. J’avais fait mon deuil et voilà que je venais de savoir que je l’avais fait pour rien. Je savais que ça ne sera plus jamais comme avant mais c’était le début de quelque chose.

Je finis par me retourner vers lui, les yeux pleins de larmes et les joues trempées. Je passai mes bras autour de sa taille et posai ma tête contre son torse. J’avais besoin de ça depuis tant de temps et ça faisait du bien. Je le serrai avec force pendant quelques minutes sans même me sentir mal à l’aise avant de le relâcher et d’essuyer mes larmes. Je lui souris timidement avant de m’éloigner de lui. « Désolée, j’ai mouillé ta veste. » Je rougis un peu mal à l’aise qu’il ait vu ce moment de faiblesse mais, ça faisait du bien de lâcher ce masque face à lui. « Je suis désolée de m’être comportée comme une garce avec toi alors que ça faisait des années qu’on en s’était pas vus mais, je ne peux pas oublié ce que tu m’as dit la dernière fois qu’on s’est vus… » Je soupirai un peu avant de reprendre. « J’apprécie ce pas que tu as fait vers moi et j’espère qu’on va essayer de renouer toi et moi. J’en ai besoin, j’ai besoin de retrouver mon grand frère… » Un sanglot se coinça dans ma gorge à la fin de ma phrase. Oui, j’avais besoin qu’il me serre fort et qu’il me dise que ça finirait par aller mieux, que tout finira par s’atténuer et que les cauchemars partiront avec le temps. Je me souvins de sa phrase sur mon prochain départ et je décidai de lui avouer. « Je ne repars pas en mission. Je ne repartirais plus jamais. Je ne veux pas et je ne peux pas… Je… J’ai vécu trop de choses pour ne pas devenir folle si je repars. » Je rougis à nouveau et me préparai à ce qu’il me demande ce qu’il s’était passé pendant ces trois ans. Je ne pouvais pas lui avouer tout ce que j’avais subi. Je n’étais même pas parvenu à le dire à Stiles alors à mon frère…

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MessageSujet: Re: Le hasard se fout de nous | June   11.03.14 19:37

    Il ne pensait pas que ses sentiments pour sa sœur soient assez puissants pour lui faire faire un geste de paix envers elle. Il avait été dur, injuste même, il le savait, mais refusait de l'admettre. Pourtant, au fond de lui, jamais il n'avait souhaité la mort de sa petite sœur. Quand il l'avait crue effectivement à jamais disparue de sa vie, il l'avait cherchée, en vain. Mais c'était alors qu'il pensait l'avoir perdue qu'il s'était aperçu qu'il n'y était pas prêt. Il pouvait bien lui en vouloir de la mort de leur mère, c'était même toujours le cas alors qu'il l'enlaçait, il n'était pas rancunier au point de vouloir qu'elle disparaisse à jamais. Elle avait été jeune, impulsive, égoïste quelque part, mais il l'avait été tout autant, en étant l'aîné.

    Il sentit sa sœur un peu raide sous son étreinte. Il n'osait plus vraiment parler, alors que ce moment semblait volé dans un présent en dents de scie. Cela le ramenait à des souvenirs bien plus heureux, où le lien fraternel était puissant. A l'époque, ils l'avaient pensé indestructible, mais il n'avait pas résisté à la perte, au deuil et au chagrin. Ainsi qu'à la colère.

    June se retourna alors pour lui faire face, et il vit ses grands yeux sombres emplis de larmes. Ses joues étaient humides de celles déjà versées dans le silence qui s'était installé suite aux déclarations de Max. Les bras de la jeune femme se nouèrent autour des hanches de son frère, alors qu'elle posait la tête sur sa large poitrine, en quête d'un peu de chaleur, de réconfort. De réminiscences. Il sentit la force de son étreinte, sans doute plus éloquente encore que des mots. Il n'osa pas rompre ce silence, se contentant de fermer les yeux, de faire taire sa rancœur et de simplement savourer le contact de sa petite sœur dans ses bras, comme avant.

    Des yeux qu'il rouvrit quand elle lui échappa. Il posa ses yeux sur elle qui esquissait un petit sourire désolé alors qu'elle s'excusait d'avoir mouillé sa veste. Il haussa les épaules.

    « Un peu plus ou un peu moins... »

    Étant donné la gamelle qu'il avait prise un peu plus tôt sur la glace et la neige, il était déjà mouillé. Et il préférait le sel de ses larmes. Il ne l'aurait sans doute jamais avoué, mais il préférait les porter sur lui que de les voir perdues dans un mouchoir qui serait jeté ensuite. Cela avait de l'importance pour lui et il en était encore tout surpris. Lui qui pensait qu'il serait aisé de battre froid à June en foulant le sol de la même ville qu'elle, il en faisait pour ses frais. Elle s'excusa de son comportement de garce... Mais elle aussi avait la rancune tenace. Il était vrai que les dernières paroles qu'il avait eu pour elle avaient été de la rayer de sa vie. Et c'était avec ça que June était partie, avec ça qu'elle avait été faite prisonnière. Cette pensée lui tordit le cœur, fugitivement, mais il se pencha presque en avant sous le coup de cette douleur. Il fit une grimace à l'évocation de ce souvenir.

    Heureusement, June ne s'y attarda pas. Elle nota les efforts de son frère pour ne pas demeurer de glace face à elle. C'était surtout un effort sur sa foutue fierté. Il pensait avoir raison, même s'il était allé trop loin. En gros, il avait raison sur le fond, mais pas sur la forme. Mais effectivement, cela lui avait demandé de prendre sur lui pour la rattraper. Il aurait été plus facile de la laisser partir. Et il aurait fait définitivement l'impasse sur elle. Si cette pensée l'avait effleuré quand elle avait tourné le dos, l'urgence de la rattraper s'était imposée tout aussi rapidement et impérieusement.

    Sa sœur semblait prête à enterrer la hache de guerre et a tenté de renouer avec lui. Ils ne pourraient pas oublier ces années de séparation, mais ils pouvaient essayer de corriger le tir après tout. Quand elle avoua qu'elle avait besoin de retrouver son grand frère, qu'il entendit sa voix défaillir, il se mordit la lèvre, plus ému qu'il ne l'aurait voulu. Il n'allait pas pleurer, cela faisait des années que ses larmes s'étaient taries.

    « J'ai pensé qu'il serait facile de tirer un trait sur toi. Je sais que mes paroles sont dures à entendre mais finalement... je me suis trompé. Je ne peux pas rompre le lien que j'ai avec toi et je sais aussi que je n'en ai pas vraiment envie... Pour ce qu'on a été l'un pour l'autre, pour ce qu'on a vécu... Parce qu'il ne reste plus que toi et moi. »

    Il avouait ainsi avoir envie de renouer lui aussi, de façon plus alambiquée que sa sœur cependant, mais il avait apprit à masquer ses émotions. Et il en avait tant à dire à sa sœur qu'il ne savait même pas par où commencer...

    Elle avoua alors qu'elle ne repartirait pas en mission. Jamais. Il lui lança un regard d'incompréhension. Avant qu'une étincelle de compassion n'éclair son regard quand elle continua en lui confiant avoir vécu trop de choses pour continuer. Il pensait à sa séquestration. De la colère allumé ses prunelles. Pas envers elle, mais plutôt à l'idée de ce qu'elle avait pu endurer. Il ravala aussi l'envie de lui dire qu'il l'avait bien mise en garde sur la voie qu'elle choisissait, mais ne trouva pas cela judicieux alors qu'elle se montrait vulnérable.

    « Tu... »

    Il toussota, se raclant la gorge pour affermir sa voix.

    « Tu as été torturée ? »

    Ou violée... Il essayait de se montrer plus détaché qu'il ne l'était réellement. Son ton était grave, mais il contrôlait sa colère à cette idée. Sa peur pour elle aussi. Qu'avait-elle subi pour en arriver là ?

    « Si tu quittes l'armée, qu'est-ce que tu vas faire ? »

    Quelle voie de recyclage pour la suite ? June était jeune, elle avait la vie devant elle... Et elle avait vu le pire sans doute.

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